Fiches clients et RGPD en salon : le guide pratique
Écrit par Ricard Benítez BalañàPublié le 28 août 2026 · 8 min de lecture
Dans cet article
- Le RGPD s'applique à votre salon, oui, même petit
- Sur quelle base collectez-vous ? La question de la base légale
- Le consentement : le recueillir, et surtout pouvoir le prouver
- Combien de temps conserver une fiche client ?
- Les droits de vos clientes : accès, rectification, suppression
- Sécurité : le classeur sous clé ou le numérique maîtrisé
- Votre plan d'action en cinq étapes
- Foire aux questions
Vous notez le prénom, le téléphone, l'historique des soins, parfois une allergie ou un traitement en cours : chaque fiche client de votre salon contient des données personnelles, et leur gestion est encadrée par le RGPD. Ce n'est pas réservé aux grandes entreprises : dès la première fiche, que ce soit un carnet, un classeur ou un logiciel, vous êtes responsable du traitement de ces données.
La bonne nouvelle : appliqué à un institut ou un salon, le RGPD tient en quelques réflexes concrets, pas en un dossier d'avocat. Ce guide passe en revue les obligations qui vous concernent vraiment : base légale, consentement, durée de conservation, droits de vos clientes et sécurité, papier ou numérique. Pour savoir quoi noter dans la fiche elle-même (coordonnées, historique, paramètres techniques), consultez notre guide de la fiche client en institut : les deux articles se complètent.
Un point de rigueur avant de commencer : ce qui suit est un repère pratique, pas un avis juridique. La référence officielle en France est la CNIL (cnil.fr) ; en cas de doute sur votre situation, vérifiez auprès d'elle.
Le RGPD s'applique à votre salon, oui, même petit
Le RGPD s'applique dès qu'on traite des données permettant d'identifier une personne : nom, téléphone, e-mail, historique de rendez-vous. Tout salon qui tient des fiches clients est donc concerné, quelle que soit sa taille et quel que soit le support. Concrètement, être « responsable de traitement » signifie trois choses simples :
- Vous ne collectez que ce qui sert réellement à la prestation et à la relation client (principe de minimisation).
- Vous savez pourquoi vous collectez chaque information et vous pouvez l'expliquer à la cliente.
- Vous protégez ces données et vous les supprimez quand elles ne servent plus.
À savoir : le RGPD ne vous interdit pas de tenir des fiches clients, au contraire. Il encadre la manière de le faire. Un salon qui collecte utile, informe clairement et sécurise ses fiches est déjà très proche de la conformité.
Sur quelle base collectez-vous ? La question de la base légale
Toute collecte de données doit reposer sur une justification, ce que le RGPD appelle une base légale. Pour un salon, trois cas couvrent l'essentiel du quotidien :
| Situation | Justification habituelle |
|---|---|
| Coordonnées et historique pour gérer les rendez-vous et réaliser les soins | La relation contractuelle : ces données sont nécessaires à la prestation |
| Rappels de rendez-vous (SMS, WhatsApp) | La gestion normale de la relation : le rappel fait partie du service réservé |
| Newsletters, promotions, offres commerciales | Le consentement de la cliente, donné librement et révocable |
| Données de santé (allergies, traitements, grossesse) | Catégorie particulière : uniquement si le soin l'exige, avec une protection renforcée et un accord explicite |
La distinction la plus utile au quotidien : gérer le rendez-vous n'exige pas de consentement marketing. Une cliente peut vouloir son rappel de séance et refuser vos promotions ; les deux accords se gèrent séparément.
Attention : les informations de santé (allergies, traitements photosensibilisants, grossesse) sont des données dites sensibles. On ne les note que si elles conditionnent la sécurité du soin, on en limite l'accès aux praticiennes concernées et on ne les réutilise jamais à des fins commerciales.
Le consentement : le recueillir, et surtout pouvoir le prouver
Pour tout ce qui dépasse la prestation elle-même (communications commerciales, photos avant/après publiées sur vos réseaux, données sensibles), la règle est la même : un accord clair, spécifique et dont vous gardez la trace.
En pratique, un consentement valable ressemble à ceci :
- Une demande explicite, pas une case pré-cochée ni un accord supposé parce que la cliente a donné son téléphone.
- Un objet précis : recevoir les offres du salon est un accord ; apparaître en photo sur Instagram en est un autre.
- Une preuve datée : qui a accepté, quand et pour quoi. C'est ce qui vous protège en cas de contestation.
- Une porte de sortie simple : l'accord se retire à tout moment, sans discussion.
Le papier permet de faire tout cela, mais il montre vite ses limites : formulaires égarés, signatures introuvables deux ans plus tard. Les consentements numériques signés et archivés dans la fiche de la cliente règlent précisément ce problème de preuve.
Combien de temps conserver une fiche client ?
Le RGPD ne fixe pas une durée unique : il impose que la durée soit justifiée par l'usage. Une donnée qui ne sert plus doit être supprimée ou archivée, pas conservée « au cas où ». Les repères couramment retenus :
- Clientes actives : la fiche vit aussi longtemps que la relation commerciale.
- Clientes inactives : un délai de l'ordre de trois ans après le dernier contact est le repère habituel pour la prospection commerciale, à l'issue duquel on supprime ou on anonymise.
- Documents comptables (factures) : ils suivent les durées légales de conservation comptable, indépendantes du RGPD.
Conseil : définissez une règle simple, écrivez-la et tenez-vous-y. Par exemple : « les fiches sans rendez-vous depuis trois ans sont supprimées chaque mois de janvier ». Une règle appliquée vaut mieux qu'un principe parfait jamais mis en œuvre. Pour les durées propres à votre cas, les fiches pratiques de la CNIL font référence.
Les droits de vos clientes : accès, rectification, suppression
Toute cliente peut vous demander ce que vous savez d'elle, faire corriger une erreur ou faire supprimer sa fiche. Ces demandes sont rares, mais le jour où elles arrivent, il faut savoir répondre :
- Droit d'accès : elle demande une copie de ses données ; vous lui fournissez le contenu de sa fiche, dans un délai d'un mois en règle générale.
- Droit de rectification : un numéro erroné, un nom mal orthographié ; vous corrigez, tout simplement.
- Droit à l'effacement : elle souhaite disparaître de votre base ; vous supprimez la fiche, en ne conservant que ce que d'autres obligations légales imposent de garder.
- Retrait du consentement marketing : elle ne veut plus vos communications ; vous cessez les envois, sans que cela touche à ses rendez-vous.
Avec un classeur papier, retrouver et purger toutes les traces d'une cliente est laborieux. Avec des fiches centralisées, c'est une recherche et quelques clics : la conformité est une question d'outillage autant que de bonne volonté.
Sécurité : le classeur sous clé ou le numérique maîtrisé
Le RGPD impose de protéger les données par des mesures « appropriées ». Pour un salon, la traduction est très concrète.
Si vous restez au papier :
- Classeur rangé sous clé, jamais en libre accès à l'accueil ou dans l'arrière-boutique.
- Accès limité aux personnes qui en ont besoin pour travailler.
- Données de santé séparées ou signalées, avec une vigilance particulière.
- Conscience du risque : un classeur volé ou brûlé, c'est une fuite de données et des années d'historique perdues.
Si vous passez au numérique :
- Accès par identifiant personnel, pour savoir qui consulte quoi.
- Sauvegardes automatiques : la panne d'un ordinateur ne doit pas emporter votre fichier client.
- Consentements signés et archivés dans la fiche, avec date et objet.
- Suppression et recherche simples, ce qui rend les droits des clientes réellement applicables.
C'est exactement le terrain d'un logiciel de gestion pensé pour les instituts de beauté : fiches clients numériques centralisées, consentements signés conservés avec leur preuve, et accès contrôlé, sans classeur qui traîne.
À savoir : le papier n'est pas interdit par le RGPD. Mais garantir sur du papier le niveau de sécurité, de traçabilité et de purge que la loi attend demande plus de discipline que de le garantir avec un outil qui le fait par construction.
Votre plan d'action en cinq étapes
Pour passer de la théorie à un salon en règle, dans l'ordre :
- Faites l'inventaire : où vivent vos données clients (carnet, classeur, tableur, téléphone) et qui y accède.
- Triez : supprimez ce qui ne sert plus, clientes parties depuis des années comprises.
- Rédigez votre information client : une mention courte et claire (pourquoi vous collectez, durée de conservation, comment demander l'accès ou la suppression), remise à la première visite.
- Séparez les accords : rappel de rendez-vous d'un côté, communications commerciales de l'autre, avec preuve datée pour le second.
- Choisissez votre support : classeur sous clé avec procédure stricte, ou fiches numériques avec accès par identifiant, sauvegardes et consentements archivés.
Une après-midi suffit généralement pour les quatre premières étapes. La cinquième vous fait gagner du temps chaque semaine, bien au-delà de la conformité.
Foire aux questions
Dois-je déclarer mon fichier client à la CNIL ? Non, le régime de déclaration préalable n'existe plus : la logique du RGPD est la responsabilisation. Vous n'avez rien à déclarer pour un fichier client classique, mais vous devez pouvoir montrer que vous gérez les données correctement (information des clientes, durées définies, sécurité). Les guides TPE de la CNIL détaillent ce qui est attendu.
Une cliente me demande de supprimer sa fiche : je supprime tout ? Vous supprimez sa fiche client (coordonnées, historique, notes). En revanche, les documents soumis à des obligations légales propres, comme les factures, se conservent pendant leur durée légale. Supprimez ce qui relève de la relation commerciale, gardez ce que la loi comptable impose, et notez que la demande a été traitée.
Ai-je besoin d'un consentement écrit pour envoyer des rappels de rendez-vous ? Le rappel d'un rendez-vous que la cliente a elle-même réservé relève de la gestion normale de la prestation. Dès que le message devient promotionnel (offres, nouveautés, relances), il faut en revanche un accord explicite et sa preuve. Dans le doute, séparez toujours les deux.
Le RGPD s'applique-t-il si je note tout dans un simple carnet ? Oui. Le support ne change rien : un carnet contenant noms, téléphones et notes sur vos clientes est un fichier de données personnelles. Les mêmes principes s'appliquent, simplement avec les moyens du papier : rangement sous clé et tri régulier.

Écrit par
Ricard Benítez BalañàFondateur d’Agéndalo ToDo
Fondateur d’Agéndalo ToDo et full-stack developer : il construit le logiciel de gestion pour salons de coiffure, instituts de beauté et cliniques (agenda, caisse, facturation électronique Veri*Factu et consentements RGPD). Il écrit ici sur ce que représente vraiment créer et maintenir des logiciels pour des entreprises de services.
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